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10/05/2013

Les stars de 2013

Les stars de 2013

Le demi-deuil
 

Bel et bien enterrée, sa vie passée ! Envolée la chenille avide de graminées ! À partir de mai, presque partout en France, le demi-deuil déploie ses ailes. Mi-blanches, mi-brunes : affichent-elles la couleur d’un deuil à moitié endossé ? Habitué des prairies, le demi-deuil s’avère un butineur nonchalant. Une fois posé sur une fleur, il se prête gracieusement à des séances photo. 
 

On peut aussi tenter de le capturer avec un filet à papillons, en prenant garde de ne pas le toucher avec les doigts : cela abîmerait ses ailes. En regardant précisément le dessin de ses ailes, guide de terrain à l’appui, on peut le différencier des trois autres espèces d’échiquiers avec lesquelles il cohabite dans le sud de la France.
 
Le caloptéryx éclatant 
 
Attention, beauté ! Se promener le long d’une rivière par une journée ensoleillée peut provoquer... un élégant ballet. Après quelques gracieuses virevoltes, les mâles du caloptéryx éclatant, d’un bleu métallique caractéristique, se perchent de nouveau sur la végétation d’où ils surveillent leur territoire. C’est le moment de dégainer les jumelles pour les repérer, puis de s’approcher à pas de loup pour détailler la finesse de leur constitution.
 
Corps mince et fluet de cinq centimètres environ : le caloptéryx éclatant a l’étoffe d’une demoiselle, précise Fabien Branger, de la réserve naturelle de la Bassée, en Île-de-France. « Quand il est posé, ses ailes, repliées au-dessus de son corps, confirment qu’il appartient bien à ce sous-ordre des odonates et non à celui des libellules, qui gardent leurs ailes ouvertes au repos ». 
 
Le lucane Cerf-volant
 
Certes, il lui manque des décibels pour être sacré « puma des bois », mais le lucane émet en vol un bruit d’hélicoptère. À la tombée de la nuit, il n’est pas rare de l’entendre vrombir en lisière, après une belle et chaude journée. La rencontre avec le plus grand coléoptère d’Europe peut aussi bien se produire en plein jour, au détour d’un chemin dans un grand parc urbain ou dans un bois de feuillus. 
 
« Malgré sa discrétion, il est assez commun en France, et on ne peut pas le louper si on le croise !, assure Mathieu de Flores, responsable pédagogique à l’Office pour les insectes et leur environnement (OPIE). On reconnaît les mâles à leurs mandibules très développées qui font penser aux bois des cervidés, d’où leur nom ». 
 
Plus petites, les femelles se confondent facilement avec un autre scarabée au nom d’emprunt, la petite biche.
Mandibules, élytres, thorax, tête… les lucanes s’observent parfois en pièces détachées. Il s’agit des restes, indigestes, laissés par leurs prédateurs (corneilles, pies...).
 
La Thomise
 

Sans aucun état d’âme, elles les dégomment en plein repas : un coup de venin et ciao abeille, bourdon, syrphe... quel que soit le butineur, il finit foudroyé puis dégusté. Postées en embuscade dans les fleurs, ces araignées savent se fondre dans le décor avant de fondre sur leurs proies. Ton sur ton sur les fleurs blanches ou jaunes, les thomises sont souvent difficiles à repérer. 
 
Certaines espèces ont même la capacité de prendre, en quelques jours, la couleur de leur support. Œil affûté et recherche assidue, nez pointant sur les fleurs sont donc vivement recommandés pour les trouver. Une abeille à l’arrêt ? Une thomise se cache peut-être derrière, en train de la dévorer. Les fleurs en ombelles s’avèrent de bons postes d’observation pour assister à une attaque en direct. La vue y est plus dégagée et les visiteurs nombreux. 
 
Appelées « araignées-crabes » car elles peuvent se déplacer sur le côté, les thomises forment une assez grande famille d’araignées comptant plus de soixante-dix espèces en France. Toutes, d’ailleurs, ne vivent pas dans les fleurs. Beaucoup vivent au sol.
 
Le bernard-l’hermite 
 

Un bigorneau à pattes, une gibbule qui détale... Vous ne rêvez pas ! C’est un coup du bernard-l’hermite, le sans coquille fixe de l’estran. Contrairement aux autres crustacés, il possède un abdomen mou qu’il doit protéger des attaques de prédateur. La solution ? Squatter les coquilles vides à sa taille. À chaque mue, quand il grandit, il déménage.
 
« À marée basse, on ne peut pas les manquer, surtout les jeunes, indique Franck Delisle, chargé d’études biodiversité à l’association VivArmor Nature. Ils vivent sur tout type de fonds – vaseux, sableux, rocheux – sur les algues, dans des flaques... En plongée, on voit des adultes qui font jusqu’à 10 cm dans des coquilles de bulots. »
 
Squatteur squatté, le bernard-l’hermite héberge souvent une anémone sur sa coquille : elle le protège avec ses bras urticants tandis qu’elle profite des miettes de nourriture et de ses déplacements. Une symbiose réussie !
 
L’Apollon 
 
 

Pas besoin de convoquer le ban de l’Olympe pour le voir onduler de fleur en fleur. En dépit de son nom divin, l’apollon fait partie du commun des ocelles en montagne, mis à part dans le Massif central, où il a fortement régressé. 
 

« Pendant la période d’éclosion, à partir de juin dans le bas des vallées et courant juillet en altitude, on peut en observer plusieurs dizaines au cours d’une balade », indique Philippe Archimbaud, garde-moniteur au parc national du Mercantour. Dans les prairies et les pelouses multicolores, l’élégant papillon blanc crème tacheté de rouge et noir s’arrête de butiner un moment, puis repart en planant.
 
Posté à quelques mètres, on peut le détailler aux jumelles et constater, le cas échéant, s’il y a erreur sur l’espèce. Dans les Alpes, le petit apollon, au gabarit légèrement plus menu, présente quelques différences sur les ailes et les antennes.
Avis aux observateurs attentifs !

 

Le demi-deuil

Bel et bien enterrée, sa vie passée ! Envolée la chenille avide de graminées ! À partir de mai, presque partout en France, le demi-deuil déploie ses ailes. Mi-blanches, mi-brunes : affichent-elles la couleur d’un deuil à moitié endossé ? Habitué des prairies, le demi-deuil s’avère un butineur nonchalant. Une fois posé sur une fleur, il se prête gracieusement à des séances photo.
 

On peut aussi tenter de le capturer avec un filet à papillons, en prenant garde de ne pas le toucher avec les doigts : cela abîmerait ses ailes. En regardant précisément le dessin de ses ailes, guide de terrain à l’appui, on peut le différencier des trois autres espèces d’échiquiers avec lesquelles il cohabite dans le sud de la France.

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