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28/07/2010

Voyage sous les mers 3D

« Voyage sous les mers 3D »

Monsieur Jean-Michel Cousteau nous a invités pour nous parler du film dont il est le parrain :

“Voyage sous les mers 3D” sortira en DVD et en Blue-Ray le 3 février 2010. Réalisé par Jean-Jacques et François Mantello, et raconté par Marion Cotillard, cette odyssée sous-marine met en scène une tortue qui voyage au fond des mers. Tourné en 3D, tu pourras, grâce à une paire de lunettes offertes avec ce DVD, vivre ce voyage comme si tu étais toi-même un plongeur.

Sa première plongée, Jean-Michel Cousteau s’en souviendra toute sa vie : Son père, le Commandant Jacques-Yves Cousteau, l’a littéralement jeté à la mer à l’âge de sept ans. “Vous savez, à l’époque, les enfants, faisaient ce que les parents leur disaient. Mon père, qui a co-inventé la partie du détendeur(*) qui a permis à des millions de gens d’explorer les océans, avait testé tout ce matériel. Une fois qu’il a fini de le tester avec ses collègues, c’est devenu une affaire de famille. Ma mère, mon frère et moi allions tous les week-ends, pendant toutes les vacances, plonger.”

(*) Le détendeur, c’est l’appareil qui permet à une bouteille de gaz sous pression d’arriver à la bonne pression dans la bouche d’un plongeur, pour respirer sous l’eau en toute sécurité.

Et il faut croire que, pour son père, la plongée n’attend pas le nombre des années… “À l’âge de sept ans, il m’a mis un autonome sur le dos, il m’a mis à l’eau, et on est partis explorer. Je me souviens assez bien, ou en tout cas ça m’a été rapporté par mes parents : je voulais tout le temps parler, sous l’eau. On était tout excités, avec mon frère et on voulait discuter de ce qu’on voyait. Si on a l’équipement pour le faire aujourd’hui, à l’époque, ce n’était pas disponible. Mon père remettait me remettait donc l’embout dans la bouche. Ça vous force à exercer votre mémoire, parce que vous devez vous rappeler de tout ce que vous avez vu au fond de l’eau, pour en parler. C’est un peu comme revoir un film.”

Mais comment peut-on tenir, sous l’eau ? “La seule différence, c’est de respirer par la bouche. La plongée sous-marine est mal décrite en ce sens où on pense qu’il faut être en très bonne santé, que c’est un sport… Pas du tout. Absolument pas : c’est une activité. On n’a pas besoin d’une santé particulière. Il suffit d’être normal.”

Oui, mais quand-même… sept ans, c’est un peu jeune, non ? Ce n’est pas une activité d’adultes, d’aller au fond des océans ? “Il y a une espèce de malentendu sur la plongée. C’est un peu dommage en ce sens que, pendant très longtemps, on a empêché les jeunes de faire de la plongée. Jusqu’à l’âge de quatorze ans, c’était techniquement interdit. Je me suis battu pendant des années pour réduire l’âge limite et c’est passé, maintenant, à dix ans. Ce qui est mieux, mais ça ne suffit pas. Ce serait bien que ce soit huit ans, parce que les jeunes ont un réflexe que les adultes n’ont pas, qui est de ne pas absorber d’eau, qui est un peu déformé par l’éducation. L’instinct d’un jeune est de bloquer et de ne pas boire d’eau. Un jeune de huit ans est complètement confortable dans l’eau. Je préfère enseigner la plongée à une dizaine de jeunes qu’à un adulte. C’est beaucoup plus facile.”

Mais au fait, justement, quelle est la chose qu’il a tout de suite remarquée et qui lui a tant donné envie de parler ? “Les poissons que je n’avais jamais vu autrement que sur une ligne de pêche. Ça m’a très vite fait comprendre, d’abord, qu’il y a certaines limites à ne pas dépasser, et puis qu’il y a des comportement qu’on ne peut observer qu’en les regardant en étant sous l’eau.

Au début, c’était les poissons, mais il y a eu beaucoup d’autres choses, très rapidement : “Que ça soit des langoustes, des crevettes… je passais des week-ends entiers à m’amuser avec des crevettes. Alors les gens pensent que je suis fou, mais enfin, c’était une passion de voir leur comportement. Il y a une espèce de crustacés qui ne sort que la nuit, un mélange… Ce n’est pas un crabe, ce n’est pas une langouste. J’ai oublié son nom, mais il me reviendra… Ce n’est pas très commun. Je trouve ça fascinant. La nuit, vous ne voyez pas la même chose que vous voyez le jour.”

Justement, que voit-on, la nuit, sous les mers ?
“Quand vous regardez la faune sous-marine, il y a les animaux du jours et les animaux de nuit. Et à six heures du soir, quand le soleil commence à se coucher, il y a un trafic, exactement comme sur Terre, où vous avez ceux qui vont aller se coucher et ceux qui sortent. Plonger au moment de la tombée du soleil, c’est assez fascinant.”

Selon Jean-Michel Cousteau, “Voyage sous les mers 3D” est un hommage à l’océan… “Le film “Voyage sous les mers”, c’est une histoire merveilleuse parce que c’est la réalité d’une vie d’une tortue qui naît, qui part, et qui revient deux ans plus tard (ça dépend des espèces et, si c’est une femelle, qui reviendra pondre exactement au même endroit où elle est née. Et pendant ces deux ans, elle se balade et c’est une aventure. On suit cette tortue et on voit, à travers ses yeux, tout ce qu’il y a à voir dans les océans.

Pour moi, c’est très symbolique en ce sens où on parle de sept ans de travail, présentés en 82 minutes. Ça permet au spectateur de voir en un temps record ce qui a pris sept ans à être récolté. C’est donc un privilège extraordinaire d’avoir l’opportunité de faire cette visite guidée par cette tortue.”

C’est cet amour des mers qui vous a donné envie de parler de ce film ? “On devient très lié à cette tortue. On a envie de savoir ce qui va se passer. Il y a des moments, un peu tragique où, quand elle se trouve en présence d’autres animaux qui lui font peur ou qui l’oblige à changer de direction et qui la rendent un petit peu perdue, on se demande si tout va bien se passer. Il y a certains éléments de tension qui sont réels, dans la nature. Car, effectivement, n’importe quel animal est en compétition. Il y a des moments un peu tragiques. Et dans ce film, la réalité est présentée en 3D, ce qui est absolument extraordinaire.

Moi, je plonge depuis que j’ai l’âge de sept ans. La majorité de l’espèce humaine ne plonge pas, n’ont pas ce privilège que j’ai. La meilleure chose qu’on pouvait offrir, c’était d’avoir une simulation, en 3D, qui n’est pas comme une image plate. À la minute où vous êtes en 3D, vous vous y retrouvez. Dans les salles de cinéma, les enfants se lèvent et veulent toucher. C’est tellement réel, qu’on est là. On est dedans. Pouvoir, avec les DVD et les Blue -Ray en 3D, pouvoir présenter cela à des jeunes qui n’ont peut-être jamais vu les océans, pour eux, c’est absolument magique. Pour moi, c’est magique.

Un film réalisé par Jean-Jacques et François Montello et raconté par Marion Cotillard.

Voyage sous les mers 3D

Voyage sous les mers

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