Incroyables cétacés !

()

Amis de l'homme ?

Un monstre de légendes

 

 

Tout autour du globe, les grands cétacés, baleines mais aussi orques ou cachalots, sont entrés dans les mythes à mi-chemin du divin et du monstrueux
Ils sont les représentants du mystérieux monde des profondeurs mais peuvent aussi servir d’intermédiaires avec les dieux.
À partir de l’observation fugace d’un souffle ou d’un morceau de queue, l’homme s’invente un animal aux proportions gigantesques, capable d’avaler les navires…

 

Un monstre à défier

 

 

Durant des siècles, les grands cétacés ont été décrits comme des monstres belliqueux, à l’image des mers capricieuses et meurtrières qui les abritent.
La peur des anciens n’a pourtant pas empêché les premiers chasseurs de partir à l’assaut de la baleine : celui qui sortait vainqueur du corps à corps avec la bête était considéré comme un héros !
Les récits plus ou moins romancés de ces marins intrépides ont largement contribué à cette réputation d’adversaire redoutable.

 

Le dauphin rêvé

 

 

Dans de nombreuses cultures, l’homme a construit une vision fantasmée et romantique du dauphin.
Bienveillance, altruisme, clairvoyance…maintes vertus lui sont attribuées, pouvant parfois l’humaniser ou le diviniser. Récits et témoignages racontent que l’animal se lie d’amitié avec les enfants, sauve les naufragés, collabore avec les pêcheurs ou devient messager pour nous avertir d’un danger.
La fonction de son sonar est aussi détournée : il conférerait au cétacé des pouvoirs de télépathie ou de guérison !
Depuis l’Antiquité, ce dauphin « merveilleux » a été largement représenté dans la littérature, les films ou les séries télévisées.

 

Le dauphin réel

 

 

A l’épreuve d’un regard plus objectif, que reste-t-il du dauphin « merveilleux » ?
Un animal toujours souriant, et pour cause, c’est une constante morphologique. Sa curiosité et sa sociabilité sont exagérément interprétées comme des signes d’amabilité ou d’empathie. Ses comportements taxés d’altruistes, tels que le sauvetage de nageurs en difficulté, résultent souvent d’une démesure dans les récits des rescapés.
L’association des dauphins avec les pêcheurs repose quant à elle sur le principe de bénéfice réciproque et non sur la bonté ou la domestication de l’animal.

 

Un animal intelligent ?

 

 

L’intelligence du dauphin est souvent comparée à celle de l’homme. Au nom de cette supériorité intellectuelle, des humains disent entretenir une relation privilégiée avec cet animal; il devient même parfois leur « guide spirituel » ! Toutefois la notion d’intelligence est complexe et nécessite des approches croisées : anatomique, cognitive, naturaliste…Ces études révèlent, chez les dauphins et les orques, une grande capacité à traiter les informations sensorielles, un haut degré de socialisation, une reconnaissance de soi et un certain libre arbitre ; elles renvoient cependant au rang de mythe l’hypothèse d’une intelligence « supérieure ».
Ce n’est pas une question de taille !
Proportionnellement à leur corps, les dauphins ont un cerveau de grande taille. Mais attention aux raccourcis : gros cerveau ne signifie pas grande intelligence ! Le cortex, qui entoure les deux hémisphères et qui donne au cerveau cet aspect onduleux, nous en apprend davantage. Celui du dauphin comporte plus de replis que celui d’autres mammifères comme le rhinocéros. Ce cortex très plissé témoigne de la surface importante consacrée au traitement d’informations diverses : voir, bouger, mémoriser… Chez le dauphin, les zones relatives à l’audition sont particulièrement vastes. Son cortex demeure cependant beaucoup plus mince et moins différencié que chez l’homme.

 

Une bête de scène

 

 

Dauphins, orques et autres odontocètes sont les stars des parcs marins à travers le monde. On s’y presse pour les voir « en vrai » et pour applaudir leurs cabrioles. Ces spectacles sont souvent accompagnés d’un discours pédagogique. Pourtant n’ont-ils pas tendance à renforcer notre vision du dauphin « merveilleux » ? Les animaux effectuent des acrobaties parfois absentes de leur répertoire naturel, « répondent » aux dresseurs, jouent avec le public... Certains shows invitent même à les caresser. Les spectateurs sont
incontestablement ravis mais la captivité des cétacés soulève un vif débat.
Mieux connaître et mieux comprendre :
Certaines études biologiques, éthologiques et vétérinaires ne peuvent être réalisées que sur des animaux en captivité. Le suivi des animaux en milieu naturel reste difficile. Globalement, les moyens consacrés aux travaux de recherche restent cependant limités.
Eduquer et sensibiliser le public :
Depuis peu, la législation européenne impose aux parcs d’accompagner les spectacles d’un discours pédagogique destiné à apporter au public des informations sur la biologie, l’écologie et le statut de protection de ces animaux.
Les conditions d’hébergement :
Si certains parcs disposent de profonds enclos côtiers et de soigneurs professionnels, les conditions ne sont pas toujours aussi idéales. La législation européenne établit des règles mais les opposants à la captivité estiment qu’elles sont minimales.
La provenance des animaux :
En Europe, une réglementation impose depuis 20 ans que les animaux naissent en captivité et fassent l’objet d’échanges entre parcs. Au niveau mondial, il existe cependant des abus : des animaux sont encore prélevés dans la milieu naturel, parfois, dans des conditions qui entraînent la mort de nombre d’entre eux.

 

  • Il n'y a pas encore de commentaire.