Incroyables cétacés !

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Mode de vie

Aérodynamisme

 

 

Les cétacés ont un physique idéal pour fendre les flots : un corps en torpille, une peau débarrassée de poils et aucun organe externe pour freiner leur progression.
Chez eux, pas d’oreilles qui trainent et des testicules, pénis ou mamelles, bien rangés dans des replis de peau.
L’animal, propulsé par sa puissante nageoire caudale, glisse ainsi parfaitement dans l’eau.

 

Une caudale à propulsion

 

 

Pour être de si bons nageurs, baleines et dauphins ont un secret : une queue très musclée !
En effectuant des mouvements de bas en haut – et non de gauche à droite comme chez les poissons – elle propulse l’animal vers l’avant.
Elle permet aussi aux cétacés de réaliser d’incroyables acrobaties.
Le mâle baleine à bosse en sait quelque chose : grâce à sa puissante nageoire caudale, il peut projeter ses 50 tonnes hors de l’eau avec une étonnante facilité !

 

Records

 

Sur la troisième marche du podium !

 

Au classement des nageurs les plus rapides, les cétacés ne sont pas les premiers.
Difficile bien sûr d’égaler les 130 km/h de l’espadon voilier ! Baleines et dauphins n’ont cependant pas à rougir de leurs performances.
L’orque avec ses pointes à 67 km/h et le marsouin de Dall, capable de nager à 56 km/h sur de longues distances, peuvent même espérer monter sur le podium. En dépit de leur poids, certains grands cétacés sont aussi susceptibles de nous étonner comme le rorqual de Sei avec ses sprints à 60 km/h.
Et s’il est encore besoin de relativiser, l’homme peut modestement annoncer un record de 8 km/h sur… 50 mètres !

 

Allers-retours permanents

 

 

Quant il s’agit de piquer une tête, les cétacés sont capables de remarquables performances.
Leurs exploits sont d’autant plus étonnants qu’ils possèdent des poumons comme les autres mammifères et qu’ils doivent revenir régulièrement respirer en surface.
Leur vie est ainsi rythmée par un va-et-vient permanent entre air et eau.

 

Le souffle

 

 

Chez les cétacés, l’évent - l’équivalent de nos narines - est situé sur le sommet du crâne.
Très pratique pour venir respirer rapidement en surface ! L’évent est naturellement fermé : c’est l’animal qui en commande l’ouverture en contractant ses muscles.
Lorsqu’il émerge, le cétacé expulse de l’air mélangé à de la vapeur d’eau, de l’eau de surface et des gouttelettes de mucus provenant de son conduit nasal.
Contrairement à l’idée reçue, ce n’est donc pas un jet d’eau mais un souffle qui jaillit des évents de la baleine.

 

Les poumons

 

Petits poumons mais grande inspiration !

 

Pas besoin de gros poumons pour avoir du souffle ! Ceux des cétacés sont plus petits que les nôtres comparativement à leur taille, mais bien plus efficaces. Lors de leur bref passage en surface, baleines et dauphins renouvellent en une seule inspiration 90% de leur air contre 20% pour la plupart des mammifères terrestres. Ce n’est pas leur seule astuce pour optimiser la gestion de l’oxygène : en plongée, ils peuvent ralentir leur rythme cardiaque de 60 à 80% tout en privilégiant l’alimentation en oxygène du cœur et du cerveau.
En comparaison avec l’homme, les cétacés stockent moins d’oxygène dans leurs poumons mais beaucoup plus dans leur sang et dans leurs muscles. Avec un volume sanguin 2 à 3 fois supérieur à celui de mammifères terrestres, ils disposent d’une très grande quantité d’oxygène pour plonger dans les profondeurs.

 

Des grandes performances

 

 

Pour un homme, rester 10 minutes en apnée ou atteindre, sans aucune aide, 83 mètres de profondeur sont de véritables prouesses.
Ces records sont pourtant bien loin d’égaler les performances des cétacés. Effectivement, baleines et dauphins ne manquent pas de souffle : ils n’ont aucune difficulté à rester sous l’eau plus de 20 minutes.
Le cachalot est le maître incontesté de la discipline ; lorsqu’il est en quête de calmars, il peut plonger pendant plus de deux heures et descendre jusqu’à 3000 mètres !

 

En chiffres

 

Comparons les performances de plongeur de l'homme avec les cétacés...

 

Homme
Profondeur maximum atteinte : 83 mètres sans aide
Temps maximum de l'immersion : 10 mn en piscine

Dauphin commun
Profondeur maximum atteinte en mètre : 280 mètres
Temps maximum de l'immersion en minute : 20 mn

Baleine à bosse
Profondeur maximum atteinte : 150 mètres
Temps maximum de l'immersion : 20 mn

Petit rorqual
Profondeur maximum atteinte : 500 mètres
Temps maximum de l'immersion : 30 mn

Globicéphal noir
Profondeur maximum atteinte : 800 mètres
Temps maximum de l'immersion : 18 mn

Baleine à bec commune
Profondeur maximum atteinte : 1000 mètres
Temps maximum de l'immersion : 120 mn

Cachalot
Profondeur maximum atteinte : 3000 mètres
Temps maximum de l'immersion : 140 mn

 

La quête du krill

 

 

Aliment de prédilection des baleines, le krill est constitué de petits crustacés qui ressemblent à des crevettes.
Sa présence en abondance dans les eaux froides des pôles pousse chaque été les géantes des mers à migrer.
Après quelques mois passés dans les zones tropicales pour s’accoupler et donner naissance à des petits, elles partent en quête d’immenses quantités de nourriture. Au terme d’un long voyage de plusieurs milliers de kilomètres, elles reconstitueront leurs réserves de graisse en engloutissant des tonnes de krill… avant de faire le trajet inverse pour reprendre leurs quartiers d’hiver.

 

Filtrer avec des fanons

 

 

Malgré leur taille gigantesque, les baleines se nourrissent de petites proies, essentiellement du krill, des crustacés ou des petits poissons qu’elles piègent à travers leurs fanons. Ces « peignes » peuvent faire penser à une moustache, mystacos en grec, ce qui a valu aux baleines leur nom de mysticètes.
Fixés sur la mâchoire supérieure de l’animal, ils sont composés d’une série de lames faites de kératine comme nos ongles ou nos cheveux.
Leur nombre, leur couleur et leur longueur varient en fonction des espèces. C’est aussi le cas pour la technique de filtration !

 

Les « écrémeuses »

 

 

Les baleines franches sont toutes des « écrémeuses ». Leur tête massive est facilement reconnaissable grâce à leur mâchoire arquée munie de très longs fanons, jusqu’à 5 mètres chez la baleine franche du Groenland ! Pour récolter leur nourriture, elles avancent lentement gueule ouverte dans les nuées de proies à proximité de la surface.
L’eau entre au fur et à mesure par l’avant puis elle est filtrée par les fanons latéralement.

Exemple d’écrémeuse :
La mâchoire supérieure de la baleine franche est très incurvée. 200 à 270 fanons y sont fixés comme deux grands rideaux de chaque côté. Ce sont les franges poilues des fanons situées vers l’intérieur de la gueule qui retiennent les proies.

 

Les « engouffreuses »

 

 

Les rorquals et la baleine à bosse ont de petits fanons mais ce sont de véritables gloutons. Ils engouffrent d’immenses quantités d’eau chargée de nourriture grâce aux sillons de leur gorge qui agissent comme les soufflets d’un accordéon. En se dépliant, ils forment une gigantesque poche qui s’étend depuis la mâchoire jusqu’au nombril. L’eau est ensuite expulsée à travers les fanons qui retiennent les proies. La baleine bleue peut ainsi engloutir jusqu’à 4 tonnes de krill par jour !
Exemple d’engouffreuse
Le petit rorqual possède de chaque côté de la mâchoire supérieure 230 à 370 fanons qui mesurent de 20 à 30 cm. Il s’en sert pour filtrer du krill ou des petits poissons comme des anchois ou des harengs.

 

L’« aspireuse »

 

 

Comme ses cousines, la baleine grise se nourrit de krill et de petits poissons en pleine eau mais elle dispose d’une technique originale pour capturer les petits crustacés, vers marins ou mollusques enfouis dans le sable.
Pour les déloger, elle nage au fond de la mer, couchée sur le flanc, et aspire les sédiments avec le côté droit de sa gueule. Elle expulse ensuite l’eau et la boue très fine à travers les fanons du côté opposé. Le repas ainsi piégé n’a plus qu’à être avalé !

 

Saisir à pleines dents !

 

 

Les odontocètes (du grec odontos, « dent » et ketos, « baleine ») n’ont pas de fanons mais des dents, toutes identiques.
On en compte une seule paire chez les baleines à bec mais jusqu’à 250 chez le dauphin à long bec.
Elles ne servent pas à mastiquer mais à capturer et à immobiliser les proies qui seront ensuite aspirées.
Au menu des odontocètes ? Principalement des poissons et des calmars qu’ils repèrent à vue ou avec leur sonar.

 

Chasse groupée

 

 

Chasser à plusieurs peut s’avérer plus efficace que de chasser en solitaire. Ainsi, dans leur quête de nourriture, les orques comme d’autres espèces de dauphins n’hésitent pas à coopérer avec des congénères. Reste ensuite à choisir la bonne tactique !
En haute mer, les cétacés concentrent les poissons en les encerclant ou en les poussant vers la surface tandis que, prés des côtes, ils peuvent rabattre les bancs contre la berge.
Les grands dauphins vont même jusqu’à se jeter sur le rivage pour saisir leur butin !

 

La fouille du sable

 

 

Pour certains cétacés comme les dauphins côtiers et les dauphins d’eau douce, la chasse devient particulièrement acrobatique lorsqu’il s’agit de dénicher poissons ou crustacés enfouis dans la vase. Leurs armes ? Un sonar efficace pour repérer les proies cachées dans les sédiments et un long rostre équipé de dents pointues pour les déloger. Des dauphins très motivés ont même été observés la tête enfoncée jusqu’aux yeux dans le sable !
Certains grands dauphins côtiers d’Australie utilisent un accessoire original pour se protéger lorsqu’ils fouillent dans les sédiments : une éponge placée au bout de leur rostre sensible !

 

Amateurs de calmars

 

 

Les céphalopodes – calmars, seiches ou poulpes- sont au menu de tous les cétacés à dents mais pour les cachalots, le dauphin de Risso, les globicéphales et les baleines à bec, ce sont des proies de prédilection. Ces chasseurs solitaires, armés de peu de dents, les saisissent et les aspirent goulûment. Ce sont de très bons plongeurs, capables d’aller chercher leur nourriture à plus de 500 mètres de profondeur !
Un cachalot peut avaler jusqu’à une tonne de céphalopodes par jour ! Sa proie la plus fascinante est le calmar géant qui vit dans les grandes profondeurs mais sa ration quotidienne est généralement composée d’animaux de taille plus modeste.

 

Les orques opportunistes

 

 

Les orques sont de vraies opportunistes : elles chassent les proies les plus accessibles et les plus abondantes.
La plupart consomme essentiellement des poissons et des calmars ; seules quelques populations dites « errantes » se régalent d’oiseaux de mer, de manchots, et même de mammifères marins comme les baleines !
Dans les eaux antarctiques, certaines ont développé une technique originale n’hésitant pas à s’échouer sur le rivage pour capturer les jeunes éléphants de mer.

 

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