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12/11/2013

En cage avec les lions blancs !

En cage avec les lions blancs !

Les fauves ont un regard aussi impénétrable que les prunelles de pierre du Gand Sphinx de Guizèh et bien malin celui qui peut lire dans leurs yeux le moindre sentiment…
… Pourtant, il est un homme qui parvint tout gamin – comme Mowgli dans la jungle – à comprendre les bêtes et à s’en faire entendre…
En entrant – en cachette – dans la cage aux lions du cirque paternel pour partager les jeux d’une portée de lionceaux pas plus gros qu’il n’était…
Ils ont grandi ensemble, et Frédéric apprit de ces fauves des choses qui ne s’étudient pas sur le banc des écoles. Il apprit avec eux à pénétrer un monde étranger à nos moeurs et à nos conventions…
… Car, les bêtes n’ont pas les mêmes valeurs que l’homme et ne répondent pas aux mêmes critères que lui…
… Pourtant, bien qu’il n’ait pas la même morphologie, Frédéric Edelstein a cependant de lion ce qui fait la noblesse du roi des animaux : un courage exemplaire cité en référence dans les manuels scolaires…
… C’est ce qui lui permet, aujourd’hui, d’affronter des bêtes redoutables et d’imposer sa loi dans un monde animal où la force fait droit.
C’est le plus grand dresseur de sa génération qu’un malicieux destin a fait naître à Lyon sous le signe du Lion… Il est aussi connu pour le spectacle qu’il donne sur la piste d’un cirque que pour la qualité des rapports affectifs qui le lient à des fauves cependant réputés pour leur férocité. Mais, trêve d’avant-propos, place à l’interview :
 
Q – Frédéric, d’où vous vient cette vocation ludique ?
R – De l’amour que je porte à l’espèce animale.
Q – Mais comment cet amour peut-il s’accommoder de la captivité ?
R – La liberté – pour moi qui ne peut exercer que derrière les barreaux cette profession festive – est une notion abstraite. Car, paradoxalement, c’est en cage, au milieu des tigres et des lions, qu’à tort ou à raison, je me sens le plus libre… J’éprouve le sentiment d’y être à l’abri d’un système impuissant à protéger des fauves qui, à la vérité, courent bien plus de danger en liberté qu’au cirque où on les applaudit quand ailleurs on les tue…
Q – Vous est-il arrivé de ressentir la peur ?
R – Oui, j’ai peur, je l’avoue. J’ai peur que disparaissent du monde qui nous porte, ces tigres et ces lions qui sont mes partenaires et qui me sont plus chers que bien de mes semblables… Quoique, je vous l’accorde, les fauves ne sont pas – loin de là – des agneaux, et, que de jouer avec eux au « chat et à la souris » sur la piste d’un cirque, c’est prendre un grand risque… Parce que, en effet, si jamais « Gros Minet » a envie de croquer la petite souris, elle a bien peu de chance d’échapper à ses griffes dans cet espace ludique cerné par des barreaux… Cependant, s’il est vrai qu’on ne perd qu’une seule fois à ce jeu périlleux, j’ai acquis, à la longue, un sixième sens garant de ma sécurité qui me tient informé d’où me vient le danger… Un réflexe animal qui me pousse à faire face – en toutes circonstances – comme le fait un lion quand il est menacé… Car, je n’ai pas encore l’envie, chers spectateurs, de prendre ma retraite avant que sonne l’horloge des

Lions blancs (1)

Frédéric Edelstein prépare son numéro avec ses lions blancs.

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