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23/01/2018

Mime : le monde imaginaire de Julien

Mime : le monde imaginaire de Julien ©Julien Cottereau

Julien Cottereau, le mime !

Dans le monde de Julien Cottereau, on ne parle pas. Mais on bouge, on danse, on plane… et on fait pas mal de bruit. Julien est clown, mime, bruiteur. Il revient avec son spectacle « Imagine-toi ».
 
Tout commence par une goutte d’eau qui tombe et des pas qui s’approchent sur la scène… Les spectateurs découvrent alors un drôle de bonhomme. Son pantalon est trop court. Il porte un chapeau bizarre. Il a une vraie bouille d’enfant et paraît simplet. Mais en fait, c’est un être tendre et naïf [innocent]. Il commence à balayer la scène, quand il découvre qu’il est observé… par le public. Sur scène, Julien n’a aucun décor, aucun accessoire… Grâce à son talent de mime bruiteur, il utilise son corps (comme une marionnette sans fil), et son visage en faisant des grimaces. Dans sa gorge, on dirait qu’il y a un orchestre entier de bruits.
 
80 minutes de poésie
 
Le spectateur se laisse ainsi porter et voyage dans un monde peuplé de monstres et de princesses. Julien balaie, essuie, joue avec des chewing-gums, des mouches ou des chiens imaginaires… Il n’hésite pas à faire participer le public pour jouer, par exemple, à la balle virtuelle [qui n’existe pas]. Et si Julien a besoin de quelque chose, il l’invente !« J’ai toujours l’impression de regarder l’univers de Julien par le trou d’une serrure » , raconte son metteur en scène, Erwan Daouphars. Comme le public, il ne veut pas perturber ce qu’il est en train d’observer, ni en perdre une goutte.
 
L'interview : Julien Cottereau (http://juliencottereau.canalblog.com)
 
Est-ce que le Julien de 10 ans rêvait de faire ce métier ?

 
L’enfant de 10 ans était très timide. Il était batteur et commençait tout juste la musique. Je me déguisais aussi beaucoup et je dansais beaucoup. J’inventais des spectacles. En vacances par exemple, chez mes grands-parents, je faisais des spectacles avec une bande d’amis. On invitait les gens sur la place du village.
 
C’était une manière de vaincre votre timidité ?
 
J’avais besoin de m’exprimer autrement. J’étais juste diminué dans la vie et la batterie, la danse, mes mini-spectacles m’ont permis de m’exprimer et de toucher le regard des filles. Le théâtre, c’est venu plus tard, au collège du Mans (Sarthe). On m’a confié le rôle principal pour un personnage drôle dans une pièce. Et déjà, je suis allé dans le public… Plus tard, c’est Jean-Marie Binoche (le papa de Juliette) qui m’a repéré. Le mime est venu en même temps que le clown et le bruitage. En 1994, j’ai remplacé un grand clown, René Bazinet, au Cirque du Soleil.
 
Le clown, vous l’aviez en vous depuis longtemps ?
 
J’ai été nourri par les Aristochats, Buster Keaton, Charlie Chaplin. J’adorais ça depuis tout petit. Jango Edwards (clown américain), quand je l’ai vu à 11 ans, j’étais mort de rire par terre. J’étais très très bon public face aux clowns. Je crois que j’ai toujours eu ça en moi.
 
Le mime est une langue universelle ?
 
Oui, tout à fait. C’est un art que je découvre de plus en plus. Un art de magicien où l’on recycle le vide.
 
C’est ce qui vous permet de jouer avec l’imagination du public ?
 
Voilà exactement. Ça permet de créer des choses qui font rire. Le public finit lui-même le croquis. C’est moi qui dirige leur imaginaire pour raconter une histoire.
 
 
Actu extraite du Journal des enfants. Le JDE, hebdomadaire national d’actualité pour les 8-13 ans, a son blog. Les jeunes internautes peuvent s’y exprimer, commenter les articles mis en ligne chaque jour, participer à des jeux. C’est un espace ouvert à tous ceux qui s’intéressent à l’actu !
 

Source : Edith Alberts

Auteur : Edith Alberts

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