Loup

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Qui sont les Evènes ?

 

Porte d’entrée du film, immersion totale : le spectateur est plongé dans une tribu, un clan, un peuple, aux traditions ancestrales et au mode de vie traditionnel. Dans cette lointaine Sibérie peuplée de quelques villages, dans ces montagnes Verkhoïansk qui vivent un hiver presque toute l’année, les Évènes prennent, malgré eux, le contre-pied de nos sociétés modernes : ils n’ont rien comme nous l’entendons. Largement dépendants de ressources naturelles, comme le lichen, ils élèvent des rennes et suivent le rythme des animaux au fil des transhumances. Simplement, comme l’ont fait les générations qui les ont précédés, ils habitent leur territoire selon des cycles qui leur sont inspirés par leur environnement en prélevant le bois qui leur est nécessaire, en déplaçant la harde pour exploiter les pâturages de manière raisonnée.

 

La fiche d’activité se propose de rencontrer un peuple en caractérisant un mode de vie. Où habitent ces Évènes, et quelles contraintes sont sous-tendues par les conditions météorologiques, le relief, la végétation du lieu ? Comment vivent-ils autour de cette harde de rennes qui leur est vitale ? Comment ce peuple petit en nombre, habitant la Yakoutie presque déserte, soumis à un hiver long et rude, est-il organisé ?

Peut-on penser pour autant, comme Nicolas Vanier, que cette vie a priori simple est synonyme de bonheur ? Notion impossible à cerner, elle est énoncée par le réalisateur : qu’entend-il par ce bonheur ? Peut-on réellement avoir « des rides de bonheur » pour reprendre son expression, lorsqu’on doit affronter des conditions de vie aussi extrêmes ?

 

Les Evènes peuvent-ils disparaitre ?

 

Autour d’une harde de rennes, selon des rites reproduits de longue date, les Évènes vivent au rythme des saisons. Le clan a pour ressource principale le renne ; l’animal est celui dont on se nourrit, celui que l’on vend, celui qui dit où l’on va vivre au fil des transhumances. Alors, ce peuple du fin fond de la Sibérie semble en danger quand les changements climatiques risquent de faire disparaître le lichen dont se nourrissent les rennes. La culture des Evènes est-elle appelée à disparaître ? Les Evènes devront-ils sortir d’une activité essentiellement de subsistance ? Iront-ils grossir les rangs des déplacés climatiques ou sauront-ils s’adapter à des changements annoncés ?

 

Dans ces territoires au sol gelé, une élévation de quelques degrés des températures moyennes pourrait avoir des conséquences importantes : fonte du permafrost, variations des équilibres environnementaux par une raréfaction du lichen de la toundra, et un développement naturel de la taïga en parallèle. Ainsi, les enjeux sont ceux d’une adaptation constante d’une population avec ce milieu en pleine transition climatique.

 

Gérer la forêt intelligemment

 

Symbole de changements imposés dans ces paysages yakoutes : l’arbre de la taïga, souvent coupé de façon peu raisonnée. De grandes compagnies partent à l’assaut de la forêt, parfois sans autorisation, pour exploiter cette ressource abondante mais dont les coupes irraisonnées peuvent entraîner la raréfaction. La taïga semble gagner en surface quand les températures augmentent. Est-il possible de gérer intelligemment cette forêt pour plus de durabilité ?

La fiche d’activité évoque l’exemple français de la forêt des Landes, née d’une volonté affichée dès le XIXe siècle de construire une ressource en bois abondante et nationale. Cela a reposé sur une redéfinition des territoires choisis, et une exploitation qui se voulait durable. Des coupes d’éclaircie régulières permettent aux arbres d’être exploités à différents usages selon leur taille. Les terrains dégagés sont replantés.

 

Il existe un peu partout des essais de gestion raisonnée des forêts. Il semble donc possible d’allier une exploitation humaine et le temps de la nature à la chronologie plus lente.
Évoquer pour l’arbre de Sibérie, essentiellement le mélèze, la possibilité d’une gestion raisonnée des ressources, en définissant l’équilibre écologique entre prélèvements et régénération, tels sont les enjeux avec les élèves d’une éducation au choix. Percevoir également la fonction de l’arbre dans la montagne, qui retient le sol et évite l’accélération de l’érosion, permet d’introduire des éléments de géographie physique.

 

L’homme et la nature

 

Les Évènes évoluent dans la toundra sibérienne. Le loup est présent sur le même territoire. Le loup est le plus grand prédateur des rennes, et l’homme le prédateur du loup. À trois, hommes, rennes, loups, ils forment un trio pour lequel les conflits résultent d’une même ressource convoitée. Ils se partagent le même territoire dans un milieu à forte contrainte ; dans cette rigueur du milieu, les Évènes éloignent les loups de la harde pour préserver leurs intérêts essentiels.

 

En prélevant une quantité suffisante et mesurée de rennes dans la harde, les Évènes seraient, selon Nicolas Vanier, un exemple bien vivant d’un accord parfait avec la nature. Bien plus qu’une image d’Épinal, propre à faire renaître le mythe du bon sauvage, l’exemple des Évènes nous fait réfléchir à l’exploitation que l’homme fait de la nature quand il tente de bien gérer ses ressources. Dans ce cas, il parvient à un modèle de développement durable qui équilibre le rapport entre ressources et besoins.

 

La Yakoutie

 

Montagnes, vallée, tout cela peut nous sembler bien familier. Il s’agirait d’un paysage de montagne, ces montagnes Verkhoïansk peuplées par les Évènes.

 

Mais ce paysage à lire, n’est ni alpin ni andin. Il s’agit d’un paysage que l’on peut décrire, et qui se modifie en fonction du rythme des saisons, parce qu’un paysage vit dans l’année. Ainsi, l’on passe d’une étendue visible, définition la plus simple d’un paysage, à l’idée de plans imbriqués selon un point de vue, de territorialité et de chronologie d’un paysage. Un paysage et une représentation à faire ressentir aux élèves.

 

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